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  • LEléphant Déchaîné est un bi-hebdomadaire satirique indépendant paraissant en Côte d Ivoire les mardi et vendredi
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Le mardi 3 février 2015 au matin, sur le site de la présidence de la République, avait été annoncée une déclaration du président de la République. Il faut dire que le Président s’est levé ce 3 février avec une grande colère et, en petit comité, avait même menacé de limoger l’un de ses ministres avant la fin de la journée. C’est que des événements qui s’étaient produits le weekend et dont il avait eu écho dans la soirée du lundi, l’avait mis dans une colère massacrante.
Mais de limogeage du ministre en question (ce n’est que partie remise ?), il n’en sera point question à l’heure prévue pour la déclaration annoncée. C’est plutôt le secrétaire général de la présidence, l’homme qui prétend que Ouattara l’a « ressuscité » en lui offrant un nouveau cœur, Amadou Gon, qui annoncera la démission du Président du Conseil Constitutionnel, le professeur Francis Wodié et son remplacement, immédiatement, par le président de la Cour Suprême, Koné Mamadou. Les raisons de la démission du professeur Francis Wodié dans un pays où de nombreuses personnes qui devraient soulager les Ivoiriens de leur présence au gouvernement pour « incompétence notoire » ne le font point-on ne sait trop pourquoi-Amadou Gon Coulibaly n’en donnera pas.
Mais comme une traînée de poudre, les questions sur les raisons de cette démission envahiront les rues d’Abidjan et les bureaux de l’administration publique en quelques minutes. « L’Eléphant » qui voulait en savoir plus auprès de quelques habitants de la case « sacrée » s’est heurté à cette phrase : « On n’en sait pas plus que vous pour le moment. »
La fumée blanche viendra de Paris
On en était aux supputations quand la fumée blanche est sortie…du côté du Conseil Constitutionnel ? Non, messieurs ! La bonne nouvelle est venue de Paris, grâce à nos confrères de « Jeune Afrique » : « Francis Wodié n’a pas été démis de la présidence du conseil constitutionnel ivoirien ; il a démissionné pour des raisons de procédure…et de tempérament », prévient tout de suite le confrère. Ouf ! L’honneur de la Présidence est sauf ! Il ne s’agit donc pas d’une affaire politique liée à un quelconque souci d’ordre électoral. Et l’auteur de l’article qui n’est autre que le patron du journal en personne, Marwanne Ben Yahmed, donnera plus de détails : « Beaucoup, notamment les adversaires du chef de l'État, y voient les prémices des grandes manœuvres en vue du scrutin présidentiel et la volonté d'Alassane Ouattara d'asseoir un homme de confiance à la tête de cette institution capitale pour faciliter sa réélection. Il n'en est rien… » On dirait « Le Patriote ». Mais continuons la lecture : « Wodié n'a pas été remercié, il a claqué la porte. Et cette décision n'a rien à voir avec les élections... Tout commence par une banale histoire de procédure. La Côte d'Ivoire doit, comme tous les États membres de l'Union africaine, ratifier un texte adopté au niveau panafricain. Un simple protocole additionnel qui passe par le Conseil des ministres puis par l'Assemblée nationale. Avant sa promulgation par le chef de l'État, il est envoyé au Conseil constitutionnel pour vérifier sa conformité avec la Loi fondamentale. Francis Wodié s'insurge contre cette procédure qu'il juge inappropriée : le texte aurait dû passer en premier devant le conseil, et donc effectuer le chemin inverse. Débat au sein de l'institution, au cours duquel il est mis en minorité, les autres membres estimant qu'il n'y a aucun problème, ni sur la procédure de saisine ni d'ailleurs sur le fond et la conformité avec la Constitution. Wodié, professeur de droit émérite (le premier agrégé de l'Histoire du pays) depuis les années soixante, ne supporte pas d'être ainsi contesté et attend un arbitrage de l'exécutif... qui ne viendra jamais. Vexé, il a donc décidé de tirer sa révérence. Dommage, l'ex-patron du Parti ivoirien des travailleurs (PIT) méritait une autre sortie... » Il méritait une autre sortie ? Merci pour la compassion.

Le concert des journaux verts et la partition de Koné Bruno
Le lendemain mercredi 4 février, tous les journaux proches du château, sans citer « Jeune Afrique », donnent exactement la même version sur les raisons de la démission du Professeur. Quand les journaux proches de l’ancien régime, eux, en grands rabat-joie, s’éloigneront de la version officielle et des éléments de langage distribués par le château, pour voir dans cette démission, une volonté du chef de l’Etat de contrôler le Conseil Constitutionnel dans la perspective de la future élection présidentielle pour laquelle des personnes comme Affi N’Guessan (il n’en parle plus, on ne sait trop pourquoi) et Faustin Kouamé, ancien ministre de la Justice du temps de Bédié, prétendaient il n’y a pas longtemps, qu’il n’est pas éligible tant que l’article 35 de la Constitution de 2000, n’est pas modifié. En réplique, Amadou Soumahoro, l’inénarrable secrétaire général par intérim du RDR, avait déclaré que le président a promis la modification de cet article et que cela serait fait. Par référendum ou par voie parlementaire ?
Le même jour (4 février), au sortir du Conseil des ministres et au moment même où notre président, à bord de « Air Ouattara One » filait vers Paris à l’invitation-paraît-il, de son homologue français-le porte-voix du Gouvernement, le Ministre Koné Bruno, donnera la « vraie » raison de la démission de Francis Wodié, sur les antennes de RFI : « Il s’agit d’un problème qui est interne au Conseil Constitutionnel. Il s’agit simplement de l’application d’une procédure relative à un certain nombre d’actes pris au plan panafricain au niveau de l’UA (l’Union Africaine, ndlr). Il y a un désaccord sur la procédure à appliquer en ce qui concerne donc la transposition de ses actes là dans notre dispositif réglementaire ivoirien. Un désaccord qui a mis en minorité le président du Conseil qui a estimé que cela ne lui permettait pas de poursuivre sa mission dans les conditions qu’il aurait voulues. Il y a eu un vote, le président du Conseil a été mis en minorité et, sur cette base, il a lui-même proposé sa démission. Nous n’avons pas d’autres explications que celles-là. » Oui, surtout qu’elles sont suffisamment intrigantes, ces explications. Et ces explications qui ressemblent comme deux « Koné Bruno » au contenu de l’article de « Jeune Afrique » ont été données, selon son auteur, pour « couper court à toute spéculation ». Et pourquoi ces explications n’étaient pas contenues dans la déclaration du Secrétaire général de la Présidence si tant est qu’on ne voulait pas de spéculations ? Et d’où sortent ces explications ? Le gouvernement a interrogé les membres du Conseil qui ont une obligation absolue de réserve ou bien il a tiré ces explications de la lettre de démission de Francis Wodié ? Le porte-voix du Gouvernement devrait éclaircir cet aspect des choses.
« L’Eléphant Déchaîné » dont chacun sait à présent les mauvais penchants et qui sait que les deux correspondants de « Jeune Afrique » présents à Abidjan ont été pris de vitesse par leur patron à Paris, a éprouvé toutes les peines du monde à avaler la pilule de la version officielle. Démissionner à moins de neuf mois d’une cruciale échéance pour la Côte d’Ivoire et pour une question de procédure sur un texte qui n’est même pas d’essence gouvernementale et, quand on sait les raisons pour lesquelles Ouattara a nommé Francis Wodié à la tête du Conseil Constitutionnel, on ne peut que se méfier de cette version officielle. Et ce, d’autant plus que le gouvernement s’est assuré que le concerné, jamais ne trahira son obligation de réserve pour expliquer les misères et humiliations qui lui ont été infligées dans cette maison et dont l’accumulation a fini par le pousser à abandonner sa mission, à quelques mois de l’élection présidentielle.
Les raisons de la nomination de Wodié au Conseil Constitutionnel
L’histoire de la Côte d’Ivoire est si récente qu’il suffit parfois de faire quelques pas en arrière pour comprendre les motivations profondes des actes que posent ses dirigeants successifs. Le Conseil Constitutionnel, comme chacun le sait, joue un rôle extrêmement important, en matière électorale. Certes, il contrôle la constitutionnalité des actes pris par le gouvernement via le parlement, mais sous nos tropiques, son rôle qui intéresse le plus les politiciens et dirigeants au pouvoir est celui de la validation ou non des résultats des élections et notamment l’élection présidentielle. En dernier ressort.
Lorsqu’en 2009, Laurent Gbagbo a nommé Paul Yao N’dré, militant actif du FPI (secrétaire national chargé de la justice et des droits de l’homme), spécialiste de Relations Internationales et non pas de droit constitutionnel, à la tête du Conseil Constitutionnel, chacun avait compris les intentions de ce dernier. Mais Gbagbo, devant les cris de l’opposition regroupée au sein du RHDP, a déclaré sans sourciller, le 27 août 2009, jour de la prestation de serment de Yao N’Dré : « Je suis heureux naturellement pour Yao Paul N’Dré qui est un ami personnel et que nous appelons « Pablo ». Je le dis parce que beaucoup ne sont pas cultivés, ils ne lisent pas, ils ne s’informent pas. Et ils croient que pour nommer un président du Conseil constitutionnel, il faut aller chercher quelqu’un sur la lune ou sur la planète Mars pour le nommer (…) Mais j’ai nommé Yao N’Dré Paul, qui est mon ami et, je le répète pour ceux qui ne le savent pas (…) Cher « Pablo », vous êtes président du Conseil constitutionnel, je vous souhaite de faire votre travail normalement. Et celui qui veut contrarier le droit constitutionnel que vous connaissez tant et qui est votre métier et votre raison de vivre, vous le lui expliquez ». La suite, on la connaît. Et l’explication de Yao N’dré aussi, on la connaît. Il dit avoir été « possédé par Satan », là où les hommes lui demandaient de dire simplement le droit constitutionnel qu’il « connaissait tant », selon Gbagbo. Lequel Gbagbo, malgré ses lectures à lui, ne savait pas que « son ami Pablo » n’était pas un spécialiste de droit constitutionnel.
Après les errements de Yao N’dré qui ont déclenché la crise post-électorale et devant la polémique qui enflait, le 21 décembre 2010, le professeur Francis Wodié, alors président du Parti Ivoirien des Travailleurs et candidat malheureux à la même élection, avait porté ses habits de constitutionnaliste pour analyser la décision rendue par « Pablo » et qui avait plongé le pays dans la crise : « (…) Enfin, la violation de la loi portant code électoral : son article 64 nouveau, alinéa 1er, tel que résultant de l’ordonnance de 2008 portant ajustements au code électoral, énonce : « Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection et notifie sa décision à la Commission électorale indépendante qui en informe le Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies et le Représentant spécial du Facilitateur à toutes fins utiles. La date du nouveau scrutin est fixée par décret pris en Conseil des Ministres sur proposition de la Cei. Le scrutin a lieu au plus tard 45 jours à compter de la date de la décision du C.C. »
« Comment se fait-il alors, que privant le candidat Alassane Ouattara de plus d’un demi-million de voix sur la base d’irrégularités graves (article 64 nouveau du Code électoral en inversant ainsi les résultats, le Conseil constitutionnel n’ait pas cru devoir appliquer la loi en annulant toute l’élection afin qu’on la reprenne conformément à la loi? En imposant une telle obligation au Conseil constitutionnel, celle d’annuler l’élection en pareil cas, la loi a voulu restituer au peuple souverain son droit de désigner souverainement ses représentants, ici le Président de la République. Le rappeler, c’est souligner qu’il n’appartient pas au Conseil constitutionnel de substituer sa volonté à celle du peuple, seul arbitre en pareille situation.
Voilà qui est bien curieux et qui dénote le parti-pris du Conseil constitutionnel qui ne pouvait pas ignorer la loi en la matière ; le Conseil constitutionnel achève ainsi de se discréditer et de se disqualifier. La décision du Conseil constitutionnel est contraire au droit ; elle est tout aussi contraire à la volonté clairement exprimée du peuple de Côte d’Ivoire.
Le problème a cessé d’être juridique ; il est devenu un problème essentiellement politique et moral… » (Lire page 6-7).
Wodié avait donc pris position dans le débat et disqualifié la décision rendue par « l’ami » de Gbagbo. L’on sait combien cette prise de position de Francis Wodié, adepte de l’application rigide des textes, avait donné le moral au candidat Ouattara et ses camarades du RHDP, « refugiés » à l’hôtel du Golf et sous le blocus des forces de Gbagbo.
C’est en reconnaissance à Francis Wodié, pour cette prise de position et surtout pour montrer au monde entier qu’il ne ferait pas comme Gbagbo en nommant un militant de son parti à la tête du Conseil Constitutionnel que Ouattara, une fois assis dans le fauteuil présidentiel et en grand chantre de la démocratie, a décidé de confier le Conseil Constitutionnel à cet homme. La réalité politique et l’intransigeance de Francis Wodié lui ont apparemment donné d’autres idées.
« Je démissionnerai pour être en paix avec ma conscience »
Le 4 août 2011, à la prestation de serment de Francis Wodié, le président Ouattara avait promis modifier la Constitution et de veiller à ce que le Conseil Constitutionnel fasse correctement son travail : « (…) Notre Constitution actuelle, par certaines de ses dispositions, ne peut remplir complètement cette mission. C'est pourquoi, j'entends lui apporter des modifications en vue de nous rassembler, de renforcer notre cohésion et de nous conduire sur le chemin d'un Etat démocratique, moderne et respectueux des droits de l'Homme (…) En ma qualité de garant de la Constitution, je veillerai à ce que le Conseil Constitutionnel accomplisse sa mission de contrôle de la constitutionalité des lois, des ordonnances, des règlements de l'Assemblée Nationale et des engagements internationaux de notre pays ; cela en toute indépendance et dans le respect des règles en vigueur. »
Sur la base de ce bel engagement, Francis Wodié, au cours de son allocution, a prévenu le chef de l’Etat : « (…) Monsieur le Président, je vous remercie d’avoir porté votre choix sur ma modeste personne, mais en tant que président du Conseil constitutionnel, j’ai un devoir d’ingratitude à votre égard, car je ne dois obéir qu’aux textes, à la loi. Mais lorsqu’il est demandé à un homme de loi, un constitutionnaliste de violer le droit, la loi, ou de ne pas s’en conformer, il doit alors démissionner pour être en paix avec sa conscience (…) Je m’engage à bien et fidèlement remplir ma fonction, à l’exercer en toute indépendance et en toute impartialité dans le respect de la Constitution, à garder le secret des délibérations et des votes, même après la cessation de mes fonctions, à ne prendre aucune position publique dans les domaines politique, économique ou social, à ne donner aucune consultation à titre privé sur les questions relevant de la compétence du Conseil constitutionnel ».
Selon des proches de Francis Wodié interrogés par « L’Eléphant », c’est à l’aune de cette mise en garde faite en août 2011, qu’il faut rechercher les raisons profondes de sa démission. Car « L’Eléphant » le sait, depuis les élections législatives, Francis Wodié était dans le collimateur du RDR. Wodié lui-même le savait, aussi. Et, c’est la raison pour laquelle Ouattara le laisse partir en acceptant sa démission, qu’il aurait pu refuser, s’il s’agissait simplement d’arbitrer un contentieux interne au Conseil comme « Jeune Afrique » l’a écrit et comme le prétend le porte-voix du gouvernement. Une mise en minorité sur une simple question de procédure et non une question de constitutionnalité ne peut suffire, à elle seule, pour pousser un constitutionnaliste de sa trempe, nommé après une crise post-électorale née de la violation de la loi par le Conseil Constitutionnel dirigé par « Pablo » l’ami de Gbagbo, à démissionner.
Le 31 janvier 2012 en effet, au cours d’un point de presse à la suite des élections législatives, Francis Wodié, après avoir annoncé l’annulation sans ménagement des résultats proclamés par la Commission électorale indépendante dans 11 circonscriptions, avait déclaré : « (…) Quand on est un homme de droit, c’est qu’on est droit (…) Il y a une terrible anomalie qui nous a été signalée. Nous avons constaté que même des personnes décédées ont voté, des absents aussi (…) Dans le déroulement de la campagne, on relève des Forces armées, des Frci ou des Dozos, des forces armées au service de certains candidats, l’utilisation des moyens de l’État, véhicules et autres, l’utilisation des signes et symboles de l’État et l’image du chef de l’État et la prolongation de la campagne au-delà de la période réglementaire. Ces pratiques entrent dans la stratégie de campagne de certains partis politiques ». Des pratiques qu’on verra certainement à la prochaine élection présidentielle, puisque les dozo et autres forces non officielles encore armées pullulent dans le pays. La décision d’annulation des résultats pourtant proclamés par la CEI qui a fait comme si elle n’avait rien vu, avait frappé, on s’en souvient, 7 candidats du RDR dont deux ministres, déclarés vainqueurs. Et Francis Wodié de faire cette mise en garde pour l’avenir : « Si le Conseil constitutionnel a pour vocation de faire respecter la loi, c’est qu’il doit commencer, lui-même par respecter la loi. Nous avons reconnu l`anomalie de certaines situations, du point de vue du respect des principes fondamentaux de la démocratie et de l`éthique républicaine. Pour n`avoir pas prononcé de décisions aujourd`hui ne signifie pas que demain, le conseil constitutionnel ne se prononcera pas. Il ne faut pas confondre l’État et les partis, l’État et les individus. Nous sommes le dernier recours et nous estimons avoir servi. » Dans les 11 circonscriptions en question, les votes ont été repris et les anomalies sanctionnées par le Conseil Constitutionnel, globalement, avaient disparu. Le message était passé. Mais Wodié s’était mis dans l’œil du cyclone.
« J’ai échoué en tant que politicien, je n’échouerai pas en tant qu’intellectuel »
Réduire la démission du président du Conseil Constitutionnel à une banale affaire de procédure et de mise en minorité par ses pairs du Conseil, c’est oublier que de sources proches de l’homme, l’on savait depuis quelques mois que Wodié avait vidé son bureau de toutes ses affaires et qu’il avait décidé, en raison de violations graves des procédures par le Gouvernement sur l’adoption d’un certain nombre de textes et de projet de modification de la constitution à venir, de démissionner de son poste. Pour l’en dissuader-selon nos informations-le 16 janvier dernier, à la demande du président Ouattara, Yayi Boni, le président béninois dont l’une des proches a été mariée pendant un temps à Francis Wodié, avait discrètement rencontré ce dernier à Abidjan. Mais Wodié n’aurait pas accepté le deal qui lui était proposé, ne voulant rentrer dans aucun jeu contraire à ses principes et convictions. Interrogé par « L’Eléphant » pour savoir s’il croit en la version officielle servie par le Gouvernement aux Ivoiriens, l’actuel président du PIT, Aka Ahizi, a déclaré : « Je n’ai pas eu de la part du professeur, la raison officielle de sa démission et je sais qu’il ne dira rien. Mais pour l’avoir pratiqué depuis une vingtaine d’années, mon intime conviction est que la version officielle n’est pas la vraie. Wodié est un homme de principes et de conviction et quand ses principes sont piétinés, il part. Je n’en sais pas plus mais je pense que ce que le gouvernement est en train de faire n’est pas juste. Wodié ne répondra pas à tout ça. Il respectera son obligation de réserve ».
Dans les faits, il y a plus de deux mois que Wodié a pris la décision de démissionner. Selon l’un de ses proches interrogé par « L’Eléphant », il aurait confié, au sujet du déménagement chaque jour de certains de ses documents de son cabinet à son domicile : « J’ai échoué en tant que politicien, mais je n’échouerai pas en tant qu’intellectuel. » Et ce proche d’inviter « L’Eléphant » à méditer cette phrase prononcée par Wodié devant le chef de l’Etat le jour de sa prestation de serment : « Lorsqu’il est demandé à un homme de loi, un constitutionnaliste, de violer le droit, la loi, ou de ne pas s’en conformer, il doit alors démissionner pour être en paix avec sa conscience. »
En fait, Wodié connaissant la rigidité de l’obligation de réserve qui pèse sur le président du Conseil Constitutionnel, malin comme un vieux singe, avait annoncé depuis 2012, les raisons qui pouvaient le pousser à abandonner son poste, sans qu’il soit obligé de réagir devant tout ce qui se raconterait après. Voilà qui donne un rude coup à l’histoire de la mise en minorité sur un problème de procédure relatif à un texte d’origine non gouvernementale.
« Comme vous le voyez, le professeur n’a pas besoin de s’expliquer pour démentir quoi que ce soit au sujet de ce que raconte le gouvernement. Il avait expliqué depuis 2012, la décision qu’il vient de prendre aujourd’hui. »
On le voit en effet. Et on voit aussi que Ouattara n’a rien fait pour rassurer Wodié afin qu’il poursuive sa mission jusqu’à la fin de l’élection présidentielle et que, comme Gbagbo, il n’a pas résisté à la tentation de nommer à la tête du Conseil Constitutionnel, l’un de ses proches et militant du RDR. Au passage, il règle le problème de la guerre à la Cour Suprême entre Koné Mamadou et Chantal Camara, la puissante présidente de la Chambre Judiciaire. Qui en a fait voir de toutes les couleurs à notre nouveau président du Conseil Constitutionnel.
Elle n’est pas belle, cette Côte d’Ivoire politique qui commence à ressembler de plus en plus à celle de Gbagbo ?
ASSALE TIEMOKO & Ali Touré

IN "L'ELEPHANT DECHAINE" N° 322


11/02/2015
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Une du 10/02/2015
L'Edito
Avec la classe politique sans vision qui est celle de ce pays depuis la mort du premier président, les ivoiriens ont encore de beaux jours de souffrances devant eux.

Voilà pratiquement 21ans que cette classe politique infernale et totalement irresponsable a pris en otage tout un peuple sur le dos duquel elle goinfre sans tempérance et qu’elle maintient par une stratégie dont les fondements  échappent à tout esprit rationnel, dans les tréfonds  de la misère noire, affreuse. Quelle solution propose-t-elle pour lutter  contre le chômage endémique et notamment celui des jeunes ? Aucune !
Quelle solution propose-t-elle contre la corruption qui gangrène une administration publique désorganisée et inefficace ? Aucune !
Quelle solution propose-t-elle pour lutter contre la misère qui touche plus de la moitié de la population ? Aucune !

Depuis 21ans, c’est, chaque année, la même chose ! Les problèmes des ivoiriens sont relégués au sixième plan, pendant que les politiciens, regroupées au sein de gouvernement dits d’union nationale ou de réconciliation, s’engraissent sur la bête ! En remettant à demain la prise en compte des problèmes d’un peuple essoufflé et complètement désabusé.
Après huit année de crise militaro-politique, ils ont invités les ivoiriens à qui personne n’avait donné la parole pendant dix ans, à se rendre dans les urnes pour élire un nouveau président. Sous le prétexte que cette élection était la solution pour sortir de la crise pour que, enfin, leurs préoccupations soient prises en compte.
Sauf que pour récompenser le peuple de sa mobilisation, ils lui ont servi du plomb, du feu, des bombes et des armes.

Depuis un nouveau pouvoir s’est installé mais les vrai problèmes des ivoiriens sont toujours au sol des priorités. La gratuité des soins, projets parfaitement mal conçu et mal exécuté mais cependant annoncé en grandes pompes, à coûter cher aux malades dans les hôpitaux publics. On ne compte plus les victimes de cette politique…
Mais alors que les ivoiriens continuent  de mourir pour les ordonnances médicales de moins de 2000FCFA, la classe politique depuis, quelques années et sans doute à cause des échéances électorales qui s’annoncent a commencer à retrouver ses sensations.

Dans la presse déchainée
De Touré Mamadou (Rdr), dans (« Soir Info »,28/03/)
Blé Goudé n’a pas répondu aux questions essentielles du juge, mais c’est un personnage controversé. On est encore dans du théâtre. » Dommage que Touré Mamadou n’ait pas été à la place du juge !
Le show Blé Goudé à la Une de (« Soir Info »,28/03/)
« J’ai été séquestré. J’ai fait 10 mois dans un violon. » Et après il a reçu le caleçon blanc ?
Le show Blé Goudé à la Une de (« Soir Info »,28/03/)
« J’ai été séquestré. J’ai fait 10 mois dans un violon. » Et après il a reçu le caleçon blanc ?
Caricature
Dernièrement à la une
Le P'tit livre d'Akissi Jeannette
Qu’est-ce que j’apprends? Le procureur de la République Adou Richard a libéré 50 pro-Gbagbo dont Affi, et dégelé 31 comptes bancaires sous réserve de l’apurement des dettes fiscales et bancaires? C’est une bonne nouvelle, n’est-ce pas? Mon tendre époux félicitera certainement Gnénéma Coulibaly pour avoir permis de libérer ces personnes dans le cadre du dialogue FPI-gouvernement. J’en connais toutefois des mauvaises langues, qui se baseront sur le fait qu’Affi N’guessan faisant partie du lot, c’était un nouveau deal. Un conseil aux irréductibles pro-Gbagbo, adoucissez le cœur de chouchou en restant calmes et disciplinés et on permettra à plus de prisonniers pro-Gbagbo de humer l’air frais de la liberté, tout en dégelant davantage de comptes! A bon entendeur…

Qui a dit que l’émergence de la Côte d’Ivoire ne sera pas pour bientôt, avec toute cette débauche d’énergie de la part de chouchou? Il vient encore une fois de faire démentir ces détracteurs en se rendant récemment au Maroc avec 150 chefs d’entreprises ivoiriens, pour le forum à Marrakech sur le thème: «Maroc-Côte d’Ivoire: une dynamique de co-émergence en marche»; à la suite duquel 26 accords entre la Côte d’ivoire et le Maroc ont été signés. Qui dit mieux? D’ailleurs ce séjour marocain était tellement riche en découvertes, que j’ai été subjuguée par le «Jardin Majorelle» de Marrakech que j’ai pu découvrir à l’invitation de son Altesse Lalla Salma. Quel bonheur de visiter un tel paradis qui porte la marque du célèbre couturier Yves Saint Laurent! Je vais proposer à mon tendre époux de penser à en ériger un semblable sur les bords de la lagune Ebrié…

Qu’est ce que j’apprends encore? Après la déconvenue de ses joueurs face au Syli national de Guinée, Hervé Renard a affirmé que s’il était journaliste il titrerait pour parler de ce match, de «tristesse»? Humm, ça, ce n’est pas bon signe! Surtout que mon indéboulonnable époux a tout fait pour qu’ils effectuent le déplacement à Malabo dans le cadre de cette CAN. Décidemment, nous n’avons qu’à croiser les doigts pour que les Eléphants ne ratent pas le match de demain face au Mali! Mais quel que soit le dégré de participation de cette équipe à cette CAN, je demanderai à chouchou à leur retour, d’effectuer une visite d’Etat au pays d’Angela Merkel avec Hervé Renard et toute sa bande, pour leur donner l’esprit de compétition et de victoire, en prélude à l’émergence qui ne aurait se faire sans notre équipe nationale!
La nouvelle secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie est connue. Et c’est une dame de nationalité canadienne. Son nom, Michaëlle Jean. Elle était d’ailleurs, la seule femme parmi les cinq prétendants au poste. Moi je lui fais confiance. Je sais qu’elle pourra rallier beauté et intelligence pour la pérennisation de la Francophonie. Je ne sais pas si vous avez suivi la cérémonie comme moi, mais je n’avais pas l’impression que le secrétaire sortant, Abdou Diouf, se réjouissait de prendre du repos. Ce n’est qu’une impression, j’ai dit.

Toujours à la cérémonie de la Francophonie, le président français François Hollande, dans ses habits de père de famille, n’a pas hésité à tancer ces dirigeants africains qui aiment à modifier leur constitution pour s’éterniser au pouvoir. A peine s’il ne se réjouissait pas du triste sort des présidents burkinabé et tunisien. J’imagine que cela n’a pas du tout fait plaisir à ceux qui se sont sentis directement visés par ses propos…Le doyen des dirigeants africains, Paul Biya, solennellement appelé au pupitre pour prononcer un discours, a dû rire jaune après… Il comptabilise tout de même 32 ans de gestion sans partage du pouvoir au Cameroun. Formidable, le peuple camerounais ! Ils aiment bien critiquer ce qui se passe chez Chouchou, mais le cas de Biya ne les préoccupe guère !

Qu’est ce que c’est que ces manifestations de protestation contre la suppression des sachets plastiques? Le gouvernement a suffisamment communiqué là-dessus, non? Et c’est pour une bonne cause, je crois. Même si cela va engendrer la suppression de milliers d’emplois, ce qui n’est pas fait pour aider Chouchou, je pense que le plus important pour mon époux et moi, c’est de protéger la santé et l’environnement des Ivoiriens…L’émergence, c’est aussi beaucoup de sacrifices…Philipe Légré devrait inscrire cela dans ses explications sur l’appel de Daoukro.
Zig-zag de l'Eléphant
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