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Grave injustice
Il a voulu aider des populations du nord en leur permettant, au sortir de la crise post-électorale, d’avoir quelques ressources tirées de la vente de leurs productions d’anacarde.
Pour cela-alors qu’aucune banque et qu’aucune structure, en raison de l’incertitude, ne voulait injecter aucun centime pour sauver la campagne anacarde 2011- il a accordé lui, des concours financiers déterminants, tirés sur les fonds propres de sa PME, la société de courtage en assurance Cicar Amyot (société anonyme unipersonnelle au capital de 105 millions de FCFA), d’une valeur de 593 millions de FCFA.
Cette somme, prêtée suivant trois conventions notariées à l’Interprofession de la Filière Anacarde dite « Intercajou » a effectivement permis à cette structure de fonctionner et de sauver ce qui pouvait être sauvée, de la campagne 2011.
Mais l’administrateur général de Cicar Amyot, Bonaventure Togba, ce bon samaritain, regrettera sans doute pour le reste de sa vie, d’avoir posé cet acte. Car, il ne récupérera jamais, à moins d’un miracle ou d’un royal coup de colère d’Alassane Ouattara, son argent.
A cause d’une décision de l’actuel ministre de l’Agriculture, Mamadou Sangafowa Coulibaly.
Résultat de cette méchanceté, depuis le début du mois de janvier 2014, expulsé des locaux qui servaient de siège à sa PME au plateau, pour loyers impayés, le bon samaritain s’est retrouvé à la rue avec ses 50 employés. Depuis, lui et ces cinquante pères et mères de famille, après plus de 20 ans de dur labeur pour construire cette PME, sont au chômage. Pour avoir voulu aider les producteurs d’anacarde…
Petit retour sur une affaire qui fait briller en pleine lumière, l’une des facettes les plus sombres des injustices qui sont commises, encore, dans ce pays gouverné par notre président, Alassane Ouattara.

Le nombre de courriers adressés par l’administrateur général de Cicar Amyot à Mamadou Sangafowa pour lui proposer un règlement amiable de cette affaire est impressionnant. Mais ils ont tous été accueillis par un incroyable mépris. Et pourtant, le ministre de l’Agriculture est le seul responsable de ce drame dont la victime n’a jamais soupçonné l’éventualité, quand elle a été approchée par les dirigeants de l’Intercajou.
« Aidez-nous à sauver nos parents… »
Quand le régime de Laurent Gbagbo s’effondre le 11 avril 2011 à la suite d’une meurtrière crise post-électorale, et que le régime d’Alassane Ouattara s’installe, la Côte d’Ivoire ressemble à un décor pour film sur la fin du monde.
L’activité économique, depuis décembre 2010, avait tourné au ralenti, puis s’était finalement arrêté avec la fermeture des banques.
Pressé de remettre un peu d’ordre dans le pays et de relancer l’administration complètement pillée en marche, le nouveau régime ne s’attaque qu’aux urgences avec des caisses vides.
Au nord du pays, les populations, d’abord éprouvées par la rébellion, puis par la crise post-électorale avec son lot de coupures de courant et d’eau, sont sans un sou. Grands producteurs de noix de cajou, ils se retrouvent avec leurs productions sur les bras, sans possibilité de commercialisation.
Devant cette situation dramatique, les dirigeants de l’Intercajou, structure créée pour l’encadrement des producteurs et la commercialisation de la noix de cajou et bénéficiant à ce titre de redevances fixées par arrêté interministériel (ministère de l’Economie et ministère de l’Agriculture) et prélevés sur chaque kilogramme de noix de cajou exportée, décident de trouver en urgence un financement afin de sauver la campagne et procurer un peu de ressources financières aux producteurs.
Pour ce faire, le Président du Conseil d’Administration, Abdoulaye Touré et ses collaborateurs approchent des banques et leur présente un dossier. Mais frileuse et devant la situation encore confuse du pays, ces banques, les unes après les autres, refusent d’accorder à Intercajou le moindre sou pour l’achat et la commercialisation de la noix de cajou.
Des opérateurs économiques et même des ministres pour certains, fils du nord sont aussi approchés. Mais tous, jugeant la situation du pays trop incertaine, refusent de risquer le moindre sou pour sauver la campagne anacarde 2011. Alors qu’il y a une garantie certaine de remboursement constituée par les redevances que l’Intercajou percevra sur le tonnage global d’anacarde qui sera exportée.
Finalement, à force de faire le tour des opérateurs économiques, les dirigeants de l’Intercajou tombent sur l’administrateur général de la société Cicar Amyot.
A ce dernier, ils présentent également leur dossier et la situation d’urgence dans laquelle les producteurs d’anacarde se trouvent au sortir de la crise post-électorale.
Avant de leur donner une réponse, il soumet leur dossier à l’appréciation du service juridique de son entreprise, à ses avocats et prend le soin de faire une enquête auprès de l’Areca (Autorité de régulation du coton et de l’anacarde).
Après toutes les vérifications et sur la base du rapport de son service juridique, l’administrateur général décide d’accorder des concours financiers à l’Intercajou pour sauver la campagne anacarde 2011.
593 millions pour sauver ce qui pouvait l’être
Le 16 mai 2011, sois cinq jours avant l’investiture de notre président à Yamoussoukro, l’administrateur général de Cicar Amyot prête, au taux de 5% et suivant une convention notariée, la somme de 300 millions de FCFA à l’Intercajou.
Le 30 juin 2011, suivant une autre convention notariée et au même taux de 5%, un autre prêt de 100 millions de FCFA est accordé à Intercajou.
Le 20 octobre 2011, toujours suivant une convention notariée, un troisième prêt de 65 millions de FCFA est accordé à l’Intercajou.
Soit, au total, la somme de 465 millions tirés sur les comptes bancaires de Cicar Amyot, sont reversés aux dirigeants de Intercajou. La totalité de cette somme uniquement dédiée au fonctionnement de l’Intercajou et à la commercialisation de la noix de cajou pour le reste de la campagne 2011, plus les intérêts, devant être entièrement payés à la fin officielle de la campagne.
A l’article 5, intitulé « mise à disposition du prêt », de la convention datée du 16 mai 2011, on peut lire : « (…) le deuxième décaissement, étant également de 100 millions s’effectuera sous la condition de la présentation préalable par Intercajou des justificatifs des tonnages des noix de cajou qu’Intercajou a pu commercialiser avec le premier paiement de 100 millions de FCFA…le connaissement, ou toutes pièces portant le ou les visas du port autonome d’Abidjan, ou toutes autres pièces susceptibles de justifier, en la matière, le volume de noix de cajou exporté par Intercajou (ou son représentant) ainsi que les lettres de crédit (confirmées et irrévocables) et/ou les accords d’achat feront foi. »
Traduction : Les 465 millions ont été prêtés par tranche, chaque fois, sur la présentation des justificatifs de l’utilisation de la tranche précédente. C’est dire que l’argent prêté a effectivement servi à ce pour quoi il a été sollicité.
En raison de la situation du pays et des risques qu’il y a à prêter de l’argent dans un tel contexte, les dirigeants d’Intercajou consentent à verser-et cela est consigné dans la convention notariée-en plus des intérêts de 5%, un intéressement à calculer sur la base du tonnage que les 465 millions prêtés auront permis de commercialiser.
En plus de cet argent prêté pour l’achat et la commercialisation des noix de cajou, l’administrateur général de Cicar Amyot mettra à la disposition d’Intercajou, la somme de 69,5 millions pour son fonctionnement et la somme de 59,482 millions pour le recensement, à la demande du ministère de l’Agriculture, de l’ensemble des producteurs d’anacarde.
Au total, Cicar Amyot a prêté à Intercajou pour la campagne anacarde 2011, la somme de 593,9 millions de FCFA.
Les garanties de remboursement du prêt offertes par les responsables d’Intercajou étant uniquement les prélèvements auxquels cette structure de type particulier a droit sur chaque kilogramme de noix de cajou exporté. Origine de ce prélèvement au bénéfice d’Intercajou ? L’ordonnance N°2002-448 du 16 septembre 2002 en son article 12.2 et son décret d’application N°2005-22 du 27 janvier 2005 fixant le cadre (modifié l’année dernière) organisationnel des filières anacarde et coton. Et ces prélèvement, chaque année, avant l’ouverture de la campagne, sont fixés par arrêté pris conjointement par les ministres de l’Agriculture et de l’Economie (voir notre document).
« Pourrais-je avoir mon argent s’il vous plaît » ?
Avec les 593 millions reçus, les dirigeants d’Intercajou, avec beaucoup d’imagination, réalisent un véritable exploit. Tant en termes de fonctionnement qu’en termes de commercialisation de la noix de cajou.
A la fin de la campagne 2011, sur la base des statistiques fournies par la douane, le tonnage d’anacarde exporté est de 279 mille tonnes, contre 351 mille en 2010 et 341 mille tonnes en 2009 (Voir tableau).
Sur la base de ce tonnage exporté, la redevance (4-5 f/Kg de noix de cajou exportée) qui devrait être reversée à Intercajou à la fin de la campagne est d’environ 1,3 milliard de FCFA.
De quoi couvrir et assurer facilement le remboursement du prêt obtenu auprès de la société Cicar Amyot. Plus les intérêts.
Devant ce résultat positif, l’administrateur général de Cicar Amyot est satisfait d’avoir contribué à sauver la campagne et d’avoir permis aux producteurs d’anacarde d’obtenir un peu de ressources pour subvenir à leur besoin et assurer la scolarité de leurs enfants pour la rentrée scolaire 2011-2012.
Les dirigeants d’Intercajou, également satisfaits, lui rendent visite et le rassurent qu’ils attendent de l’Areca, le reversement de la redevance (ce qui devrait se faire rapidement), pour rembourser ce qu’ils lui doivent.
Sauf que deux mois après la fin officielle de la campagne, l’administrateur général ne recevra pas un rond. La raison ? L’Areca refuse de reverser la redevance prélevée, on ne sait pour quelles raisons, à Intercajou.
Les dirigeants d’Intercajou présentent la situation à l’administrateur général de Cicar Amyot. Lequel leur exprime son mécontentement et en profite pour leur expliquer le danger que représente pour l’avenir de son entreprise, cette situation non prévue.
Toutes les démarches que les dirigeants d’Intercajou effectueront auprès de la direction d’alors de l’Areca pour qu’elle leur reverse la redevance qu’elle a effectivement collectée pour leur compte et qu’elle était légalement tenue de leur reverser, seront vaines.
La main de Mamadou Sangafowa
Devant la tournure que prenaient les événements, et, pour préserver les intérêts de sa société, l’administrateur général, par voie d’huissier et le 16 décembre 2011, fait une saisie conservatoire de créance entre les mains de l’Areca.
L’exploit est servi à Pierre Kla, responsable du service juridique de l’Areca. Lequel fait noter sur l’exploit d’huissier la raison pour laquelle l’Areca refuse de reverser à Intercajou la redevance collectée :
« En raison des conflits internes portant sur la légitimité des dirigeants (d’Intercajou, ndlr) qui ne garantissaient pas la bonne gestion des fonds destinés à l’interprofession de la filière anacarde, les chèques de redevance libellés au nom d’Intercajou sont déposés sur un compte séquestre N°00132410047 ouvert dans les livres de la BNI sur instruction du ministre de l’Agriculture. Pour cette même raison, nous émettons des réserves sur la compétence de Touré Abdoulaye à engager l’Interprofession de la filière anacarde. Pièces jointes : courrier de l’Areca. Courrier du Ministre. »
Ainsi donc, selon le chef du service juridique de l’Areca, la redevance devant revenir à Intercajou a bel et bien été prélevée sur chaque kilogramme de noix de cajou exporté grâce au prêt accordé à Intercajou par Cicar Amyot. Mais l’argent, au lieu d’être reversé à Intercajou, aurait été déposé plutôt sur un compte séquestre logé à la BNI. Cela, à la demande du ministre de l’Agriculture, Mamadou Sangafowa.
La raison qui motive cet agissement de l’Areca se trouve dans un courrier écrit par le Ministre de l’Agriculture et daté du 24 septembre 2010.
Dans ce courrier adressé au directeur général de l’Areca et ayant pour objet « suspension des reversements à Intercajou », le ministre Sangafowa écrit :
« Depuis septembre 2009, l’Interprofession (Intercajou) mise en place au niveau de la filière anacarde est sujette à des crises récurrentes. Ces différentes crises ne sont pas sans conséquences sur la filière notamment :
-la perturbation des activités, et par voie de conséquence, l’exécution des missions dévolues à Intercajou suite aux différentes procédures de justice auxquelles la filière est soumise ;
-la méfiance des partenaires quant aux éventuels appuis qu’ils pourraient apporter à cette filière naissante ;
-et les risques de mauvaise utilisation des prélèvements mis à la disposition de l’Interprofession.
Face donc à cette situation, en attendant que des mesures idoines soient prises et dans le but de sauvegarder les fonds mis à la disposition de l’Interprofession dans l’intérêt supérieur de toute la filière, je vous avais instruit, il y a de cela plus d’un mois, de suspendre tout reversement des prélèvements au profit d’Intercajou.
La situation n’ayant guère évoluée positivement, je vous réitère cette instruction de maintenir la suspension et ce, jusqu’à nouvel ordre… »
C’est donc en application de cette instruction que l’Areca séquestrait sur un compte ouvert à la BNI, les redevances prélevées pour le compte d’Intercajou.
Palabres au sein d’Intercajou
C’est que, comme dans la filière café-cacao après la création des nombreuses structures aujourd’hui dissoutes, au niveau de la filière Anacarde, était survenu un conflit de leadership.
Le Président du Conseil d’Administration, Abdoulaye Touré et son bureau élus pour un mandat de trois ans le 12 décembre 2007 à l’issue d’une Assemblée générale régulièrement réunie, faisaient l’objet d’une vive contestation de légitimité, de la part d’un certain Bassifou Ouattara, producteur d’Anacarde, lequel conduisait une équipe de frondeurs composée de dix personnes.
Le 24 septembre 2009, à l’issue d’une assemblée générale dite extraordinaire organisée par ces frondeurs poussés dans le dos par des mains logées au Ministère de l’Agriculture, Abdoulaye Touré sera éjecté de son fauteuil de président du Conseil d’Administration, alors que son mandat courrait jusqu’en décembre 2010.
Mais les résolutions de cette assemblée générale extraordinaires, tenue dans des conditions qui juraient avec tous les textes d’Intercajou, seront attaquées en justice par Abdoulaye Touré, en mai 2007.
Devant cette situation de troubles, le ministre Sangafowa, déjà, avait instruit l’Areca d’attendre la fin des procédures judiciaires avant de reverser à l’équipe que la justice reconnaîtrait comme légitime, les redevances prélevées au titre de l’année 2009.
Le 26 juillet 2010, après plusieurs débats contradictoires, la 3ème Chambre civile B du Tribunal de première instance rendra une décision en faveur d’Abdoulaye Touré et son bureau, en annulant purement et simplement l’assemblée générale extraordinaire pour plusieurs vices de formes.
Les adversaires attaqueront la décision devant la Cour d’Appel. Ils y seront déboutés et la décision du tribunal de première instance sera confirmée.
Entre temps, le 29 septembre 2010, une assemblée générale ordinaire régulièrement tenue avait renouvelé les mandats des administrateurs. Lesquels, de nouveau, ont élu, pour un deuxième mandat, Abdoulaye Touré. Ce dernier, ce jour-là, informera l’assemblée de la nomination de Sekongo Clotcho, lequel lui succédera à la fin de son deuxième mandat, en 2012.
C’est donc avec cette équipe de dirigeants légaux et légitimes, rétablis par la justice, tant au tribunal de première instance qu’à la Cour d’appel, et par une assemblée générale ordinaire régulièrement convoqué et organisée sans trouble aucun, que la société Cicar Amyot a traité en 2011.
Les résolutions de cette assemblée générale et des copies des décisions de justice rétablissant Abdoulaye Touré et son bureau à la tête d’Intercajou ont été transmises à l’Areca et au Ministère de l’Agriculture. Lequel en prendra acte.
La paix étant revenue dans la maison et les troubles qui ont amené le ministre à instruire l’Areca de suspendre le reversement des prélèvements opérés pour le compte d’Intercajou, n’existant plus, la décision du ministre n’avait plus d’objet.
Sauf que Mamadou Sangafowa, pour des raisons non encore élucidées, ne lèvera jamais sa décision. Il voulait régler des comptes avec Abdoulaye Touré pour ses déclarations en 2008 ?
Pourtant, à la demande de Mamadou Sangafowa, le PCA d’Intercajou, a transmis, le 15 septembre 2011, « l’Etat des exportations campagne noix de cajou 2011 ». Ce qui est la preuve que Mamadou Sangafowa reconnaissait l’équipe dirigée par Abdoulaye Touré.
Dans ce courrier adressé à l’Inspecteur général du Ministère de l’Agriculture, Abdoulaye Touré, écrit : « Faisant suite à vos demandes lors des rencontres d’échanges des 05 et 09 août 2011 que nous avons eues sur instruction du Ministre de l’Agriculture, je viens par la présente vous transmettre les statistiques des exportations de noix de cajou par société et coopérative exportatrices aux fins du recouvrement des cotisations de 25FCFA/Kg des producteurs. Je précise que les présentes statistiques enregistrées au cordon douanier couvrent la période allant de février 2011 au 07 septembre 2011. Elles correspondent exclusivement à la période d’exercice de la campagne anacarde 2011 dont le barème de fixation du prix vous a déjà été transmis ».
Ce courrier daté du 14 septembre 2011 n’est-il pas la preuve que le Ministre Sangafowa savait que les conflits pour le contrôle d’Intercajou avaient pris fin depuis les décisions de justice, et qu’il travaillait avec les dirigeants d’Intercajou ? Pourquoi continuait-il alors de séquestrer les redevances prélevées pour le compte d’Intercajou par l’Areca ? Serait-ce parce que l’argent n’était plus disponible ?
Etrange découverte à la BNI
Dans le souci de préserver les intérêts de son entreprise, l’administrateur général de Cicar Amyot, fait opérer une saisie conservatoire de créance sur le compte séquestre logé à la BNI (compte N°00132410047) et sur lequel, selon le responsable du service juridique de l’Areca, tous les prélèvements opérés pour le compte d’Intercajou étaient déposés depuis 2009, en attendant la cessation des conflits de leadership dans cette structure.
Mais lorsque l’huissier commis pour la tâche, à la fin de sa mission, donne copie du procès-verbal de saisie à Bonaventure Togba, ce dernier, en le parcourant, tombe à la renverse.
C’est que sur ce fameux compte séquestre ne se trouvait que la somme de 113 millions 372 mille cinq cent quarante-sept (113.372.543 FCFA).
Comment se fait-il qu’il n’y ait que seulement 113 millions sur un compte censé recevoir depuis 2009, les prélèvements faits pour Intercajou et bloqués à la demande du ministre ?
En faisant la correspondance entre les tonnages de noix de cajou exportés entre 2009 et 2011 (chiffres fournis par la douane, voir tableau) et le taux de prélèvement octroyés à Intercajou (4 ou 5 F/KG exporté), l’administrateur général de Cicar Amyot réalise que c’est au bas mot, au moins 4 milliards qui devraient être sur ce compte séquestre. Même si le taux de prélèvement pour le compte d’Intercajou n’était que d’un (1) franc, sur la base des statistiques de la douane, il devrait se trouver au moins 972 millions sur ce « compte séquestre » pour la campagne 2011.
Où est passé tout cet argent dont une partie aurait pu largement suffire à rembourser le prêt accordé à Intercajou pour sauver la campagne 2011 ?
C’est la question que se pose Bonaventure Togba. Tout de suite, il réalise le danger que la non présence de l’argent supposé séquestré sur ce compte représente pour son entreprise.
Son inquiétude sera encore plus grande quand l’Areca, instruite par le Ministre Sangafowa, avec une énergie surprenante, va se battre pour obtenir la main levée sur le compte séquestre sur lequel se trouvaient les 113 millions qui ne lui appartenaient cependant pas.
En effet, quelques jours après la saisie conservatoire, soit exactement le 28 décembre 2011, l’Areca, poussée dans le dos par le ministre Sangafowa (subitement apeuré), va saisir le juge des référés d’une requête en vue de retrouver le droit de continuer à disposer des sommes qui se trouvaient sur le « compte séquestre.»
Dans sa requête, l’Areca écrit : « (…) le 28 décembre 2011, la société Cicar Amyot a pratiqué une saisie attribution de créance sur le compte de l’Areca, mais seulement sur le compte numéro 00132410047. Il est curieux que la BNI ait donné effet à cette saisie qui compromet gravement le paiement des salaires de tout le personnel de l’Areca en cette fin d’année… »
Paiement des salaires du personnel de l’Areca Avec l’argent destiné à Intercajou ? Ne serait-ce pas là, un détournement de fonds? Surtout que l’Areca, au même titre qu’Intercajou, bénéficie, sans aucun effort, d’une redevance sur chaque kilogramme de noix de cajou exporté. Il y a des gens pour financer la campagne et d’autres pour se goinfrer avec les redevances ?
Mais écoutons toujours l’Areca : « Le compte ci-dessus 00132410047 n’a pas été ouvert par Intercajou, mais bien par Areca. C’est le compte de la société Areca (…) Cicar Amyot, certes créancière d’Intercajou ne peut pas saisir le compte de l’Areca qui n’est pas on débiteur. La société Cicar Amyot qui s’est entêtée à pratiquer une saisie attribution sur le compte de l’Areca nonobstant les termes de l’ordonnance, lui cause un grave préjudice qu’il est extrêmement urgent de faire cesser en ordonnant la main levée sous astreinte comminatoire de 5 millions par heure de retard à compter du prononcer de la décision… »
Le compte N°132410047 est un compte qui appartient à l’Areca ? Pourtant, le 16 décembre, le responsable du service juridique de l’Areca déclarait et apposait sa signature au bas de ces propos instructifs : « En raison des conflits internes portant sur la légitimité des dirigeants (d’Intercajou, ndlr) qui ne garantissaient pas la bonne gestion des fonds destinés à l’interprofession de la filière anacarde, les chèques de redevance libellés au nom d’Intercajou sont déposés sur un compte séquestre N°00132410047 ouvert dans les livres de la BNI sur instruction du ministre de l’Agriculture… »
Et maintenant l’argent d’Intercajou séquestré sur ce compte à la demande de Mamadou Sangafowa en attendant la fin des conflits internes doit servir à payer les salaires des agents de l’Areca ?
Malgré le caractère peu catholique des arguments développés par l’Areca devant le juge des référés, ce dernier va ordonner la main levée sur le « compte séquestre » devenu par miracle le compte courant de l’Areca. Et l’Areca retrouvera l’argent qui ne lui appartenait pas.
En réalité, dans la même banque, se trouvaient les vrais comptes de l’Areca. Sur le 1er, se trouvait une misérable somme de 4034FCFA. Sur le 2ème, roupillait la somme 92.200FCFA. Le 3ème compte de l’Areca avait un solde créditeur de 80.911FCFA. Et le 4ème avait un solde créditeur de 62.400FCFA. Soit un total de 239.545FCFA sur quatre comptes ! Une vraie misère ! Subitement, on comprend pourquoi l’Areca ( ?) tenait tant à ce compte séquestre.
Les audits de Mamadou Sangafowa
Ayant réalisé le danger que pouvait représenter (pour lui ?) la non présence des prélèvements opérés depuis 2009 par l’Areca (structure placée sous contrôle direct) pour le compte d’Intercajou sur le compte séquestre et, pour justifier à postériori le non reversement des montants collectés, le ministre Sangafowa annonce deux audits. Celui des flux financiers d’Intercajou et celui de l’Areca. Alors que depuis 2009, sous son instruction, aucun sou collecté par l’Areca n’avait été reversé à Intercajou.
En réalité, le ministre voulait savoir si l’argent prêté par Cicar Amyot avait servi aux besoins privés des dirigeants de l’Areca. Histoire d’utiliser ce prétexte pour continuer à refuser le reversement des prélèvements à Intercajou.
Sauf que l’un des Audits annoncés par le Ministre n’aura jamais lieu. Celui des flux financiers reçus par l’Areca. On se demande bien pourquoi le Ministre, finalement, a renoncé à auditer cette structure directement placé sous son contrôle.
En accord avec son collègue du ministère de l’Economie et des finances, il ordonne donc l’audit des « flux financiers d’Intercajou ». Quelle histoire ! On contrôle les flux financiers de celui qui n’a pas reçu de l’argent et on oublie celui qui recevait l’argent ?
Entre temps, était déjà intervenu à la tête du conseil d’administration, un changement. Le PCA Abdoulaye Touré, avait, dans les règles de l’art, cédé sa place à Sekongo Clotcho, lequel occupait jusque-là le poste de secrétaire exécutif d’Intercajou.
Le 20 janvier, répondant à un courrier du nouveau PCA, le Ministre Sangafowa Mamadou, écrit : « Par courrier daté du 9 janvier 2012, vous nous avez informé du changement intervenu à la tête de votre association et par la même occasion, vous sollicitez une audience pour présenter le nouveau bureau du Conseil d’Administration. Nous prenons acte de ce changement et nous vous rappelons que l’Intercajou faisant l’objet d’un Audit en ce moment par le cabinet Christian Marmignon, une telle rencontre ne nous paraît pas opportune. Il y a donc lieu d’attendre la fin de l’Audit commandité par l’Etat de Côte d’Ivoire ». Un souci de transparence qui fait presqu’envie !
L’Audit des flux financiers d’Intercajou pour l’année 2011 a donc été « commandité par l’Etat de Côte d’Ivoire ». Cet Audit se déroulera du 10 au 28 février 2012. Et se concentrera uniquement sur l’année 2011.
Cet Audit dont « L’Eléphant » s’est procuré une copie du rapport final transmis au Ministre Mamadou Sangafowa et à Charles Diby Koffi, alors ministre de l’Economie et des finances, a conclu en l’absence d’irrégularités dans les mouvements financiers qui ont eu lieu à Intercajou.
« En conclusion, écrivent les auditeurs, nous estimons, au regard des observations formulées que les procédures de décaissement initiées par la société (Intercajou) pendant cette période ne présentent pas d’irrégularités… »
Et que disent les auditeurs sur les relations contractuelles entre Intercajou et Cicar Amyot ?
Ces experts écrivent à la page 8 de leur rapport : « Pour fiancer sa campagne de commercialisation de noix de cajou pour l’année 2011, l’Intercajou s’est rapprochée de la société Cicar Amyot afin d’obtenir un concours financier. A cet effet, les conventions de prêts signées par les deux parties portent sur un montant de FCFA 1.655 millions réparti comme suit, en Fcfa… »
Suit alors un tableau détaillant les prêts, les intérêts des prêts et les intéressements.
Après analyse de la régularité des conventions et de l’utilisation des montants mis à la disposition d’Intercajou par Cicar Amyot, les auditeurs écrivent à la page 9 de leur rapport final : « Nous estimons qu’à l’exception du remboursement du principal et des intérêts du prêt, les autres frais annexes, l’intéressement correspondant à FCFA 5/Kg de noix de cajou vendu, semblent à notre avis excessif eu égard au niveau des ressources attendues par l’interprofession qui (sont) également comprise(s) entre 4 et 5 FCFA par KG de noix de cajou vendu. Nous invitons les dirigeants de l’Intercajou à revoir les modalités de rémunération de la société Cicar Amyot, notamment en confirmant l’annulation de cet intéressement afin de ne pas trop obérer les ressources de l’Interprofession. »
Voilà qui est donc clair. Les auditeurs ont recommandé le remboursement du principal prêté (593 millions) plus les intérêts (environ 30 millions) mais ils ont trouvé l’intéressement excessif. Sauf que cet intéressement était justifié par le contexte de guerre et d’incertitude dans lequel le pays se trouvait et qui a justifié le refus des banques de prêter de l’argent à Intercajou.
Quand le ministre Sangafowa prend connaissance du contenu de l’Audit, au lieu de faire appliquer les recommandations en faisant la main levée sur les prélèvement opérés pour le compte d’Intercajou afin que cette structure puisse rembourser au moins ce qu’il doit en principal et en intérêts à la société Cicar Amyot, il enferme plutôt hermétiquement le rapport de l’Audit dans un tiroir. Il n’aimait les conclusions des Auditeurs ?
Ayant pris connaissance, grâce aux dirigeants d’Intercajou, du contenu de l’Audit, l’administrateur général de Cicar comprend tout de suite que celui qui mettait en danger l’argent de son entreprise prêté à Intercajou n’est autre que le Ministre Mamadou Sangafowa. Lequel continuait de faire séquestrer, en dépit de tout, les ressources d’Intercajou, y compris celles générées grâce au concours financier qu’il avait apporté à Intercajou.
Bonaventure Togba décide donc de rentrer en contact avec le Ministre pour trouver une solution amiable au problème afin de pouvoir récupérer son argent, car son entreprise commençait à battre de l’aile et il avait de plus en plus de mal à faire face aux salaires de ses employés et autres loyers du siège social de l’entreprise.
L’incroyable mépris de Mamadou Sangafowa
Le premier courrier que le patron de Cicar Amyot adresse au ministre de l’Agriculture est daté du 6 mars 2012.
Dans ce courrier, Bonaventure Togba écrit : « (…) le 16 février dernier, le directeur général d’Areca (assisté, ce jour de son responsable juridique), m’a informé de votre décision, qui serait que le ministère de l’Agriculture et l’Areca ne se reconnaîtraient pas du tout dans les engagements pris par Intercajou (à savoir le remboursement des prêts et le paiement des primes d’assurance). Etant fort surpris d’une telle position, j’ai cru devoir vous la rapporter, à mon tour, d’abord pour information, et en avoir, éventuellement, confirmation. Etant entendu que dans le contexte économique actuel de notre pays, tout doit être mis en œuvre pour que les agents économiques aillent à la paix, à la réconciliation et à la reconstruction de notre économie. »
Mais Mamadou Sangafowa ne donnera aucune suite à cette lettre.
Le 23 mars 2012, Bonaventure Togba adresse une deuxième lettre à Mamadou Sangafowa : « (…) Je voudrais me permettre d’ajouter qu’en considération de l’enjeu financier tant pour ma société (environ 600 millions FCFA en principal) que pour les Assureurs, mais aussi, vu que le ministère de l’Agriculture (autorité pour nous tous) demeure, à mon sens, une voie prépondérante d’amiable recours, il ne m’apparaît pas indiqué que je doive me laisser aller à de vaines supputations conduisant à considérer, hâtivement, l’absence de suite, de la part du ministère, comme implicite confirmation de la position qui m’a été déjà communiquée par monsieur le directeur exécutif d’Areca. C’est ce malaise qui explique et justifie ma présente lettre de relance, qui est sans aucune intention de vous importuner (…) ce faisant, je voudrais vous renouveler mon entière disponibilité à venir vous rencontrer, personnellement, dès que vous m’en donneriez la possibilité, pour un dénouement rapide et apaisé de ce dossier. Dans un élan de reconstruction de l’Economie de notre pays, si éprouvée, il me paraît indispensable que le Secteur privé et les Pouvoirs publics se donnent la main, en toutes occasions, pour, solidairement, soutenir et accompagner le développement de notre Agriculture, pilier substantiel de notre Economie… »
Mais Mamadou Sangafowa ne se laissera pas émouvoir par cette deuxième lettre. Aucune suite.
Le 5 avril 2012, le patron de Cicar Amyot écrit encore à Mamadou Sangafowa. « (…) qu’il me soit permis de rappeler mes deux lettres des 6 et 23 mars 2012, relatives à l’affaire en objet. Sauf erreur de ma part, ces courriers n’ont pas eu de réponse à ce jour. Dois-je alors en déduire que ces lettres sont sans intérêt pour vous, au point qu’elles ne méritent pas de suite de votre part ? (…) N’étant qu’un simple agent économique, qui a cru bon et indispensable de soutenir le développement de la filière anacarde en lui apportant de précieux concours financiers (de plus d’un demi milliard francs FCFA), à un moment exceptionnellement difficile de notre pays, je vous prie de bien vouloir accepter, au cas où vous ne trouveriez pas encore opportun de lever la suspension à l’égard d’Intercajou, de donner ordre et instructions, à tout le moins à Areca, de verser à ma société (en remboursement des prêts), les fonds Intercajou actuellement en sa possession (à la BNI et/ou ailleurs). L’argent n’aimant pas le bruit (comme l’enseigne la sagesse financière), il ne m’apparaît pas bienséant que le remboursement de sommes d’argent, prêtées sans bruit, donne lieu à du bruit, source d’inutile de curiosité et de regards malveillants. En conséquence, je voudrais vous renouveler toute ma disponibilité à un règlement apaisé, discret, familial et donc sans coup férir de ce dossier. »
Mais cette lettre aura le même sort que les deux premières. A la poubelle ! Il en a du cœur, Monsieur Sangafowa ! Jouer ainsi avec l’argent et la vie des autres !
Le 6 juin 2013, alors qu’au sein de sa société les arriérés de salaire s’accumulent et que son bailleur menace de l’expulser de l’immeuble abritant le siège de Cicar Amyot, Bonaventure Togba écrit encore à Mamadou Sangafowa.
« (…) cette situation de blocage/séquestre des prélèvements qui persiste jusqu’à ce jour, parce que vous n’avez pas encore instruit à nouveau Areca de reverser les prélèvements à Intercajou, n’a pas permis à notre débiteur Intercajou de rembourser les prêts et avances, et cause à notre société, une PME ivoirienne, un lourd préjudice financier/manque à gagner important. Etant entendu que les garanties de remboursement sont précisément ces prélèvements gelés par votre décision. C’est pour cette raison, et pour obtenir le paiement amiable de la créance de notre société que nous vous avons adressé les différents courriers ci-dessus rappelés. Toujours attaché à un règlement apaisé (parce que nourri à la sage philosophie de la paix de feu notre premier Président), et prenant en compte le difficile contexte financier actuel de notre pays, nous vous proposons de bien vouloir accepter de nous faire payer cette créance par des Bons du Trésor dont il sera loisible au Trésor de fixer lui-même la ou les échéances à sa convenance. Telle est notre contribution civique à la relance de l’Economie de notre pays… »
Mais cette lettre sera de nouveau jetée à la poubelle, par Mamadou Sangafowa. Il est difficile de faire mieux en matière de mépris, à l’égard d’un opérateur économique ivoirien, patron d’une PME. Et dire que PME sont considérées par le chef de l’Etat comme le fer de lance de l’Economie ivoirienne.
Bonaventure Togba explore d’autres voies
Ayant pris acte du mépris de Mamadou Sangafowa à son égard, le patron de Cicar Amyot va explorer d’autres voies pour tenter de récupérer son argent.
Déjà en mai et août 2012, il avait adressé deux courriers dans ce sens à l’ex-premier Ministre Ahoussou Jeannot et Charles Diby Koffi, alors ministre de l’Economie et des finances. Mais ces courriers n’avaient reçu aucune suite.
Le 10 juin 2013, Bonaventure Togba a adressé un courrier à la Ministre Kaba Nialé, alors ministre déléguée à l’économie et aux finances. Dans ce courrier, il présente la situation complète avant d’écrire : « (…) A la lumière de ces données et face à la situation de blocage, nous sollicitions très respectueusement votre auguste intervention pour permettre le paiement amiable des sommes d’argent attendues. Etant donné qu’en dépit des démarches et courriers amiables que nous avons déjà entrepris, Areca, et le Ministère de l’Agriculture sont demeurés sourds à notre réclamation… »
Deux jours plus tard, le 12 juin 2013, Bonaventure Togba saisira l’Agent Judiciaire du Trésor et lui transmettra l’ensemble du dossier. Après investigation, expertises et analyses, l’Agent Judiciaire du Trésor conclura en l’existence de la créance et en la nécessité du remboursement de cette créance. Sur la base de cette conclusion, il adressera un rapport à la ministre déléguée à l’Economie. Mais il ne se passera rien du tout.
Finalement, sur conseils de certaines de ses connaissances, Bonaventure Togba fera remettre en mains propres au chef de l’Etat, son dossier. En sollicitant son secours.
Le chef de l’Etat remettra le dossier au secrétaire général de la Présidence, Amadou Gon Coulibaly, pour études et avis. Le secrétaire général refilera le dossier à son adjoint, juriste de formation. Après analyse du dossier, le secrétariat général conclura en la nécessité urgente pour le ministère de l’Agriculture, de lever la décision de suspension du reversement des prélèvements opérés par l’Areca pour le compte d’Intercajou. Afin que Cicar Amyot puisse récupérer l’argent prêté et bloqué depuis fin 2011. Un rapport succinct est adressé au chef de l’Etat. Mais il ne se passera rien. Le chef de l’Etat a-t-il donné des instructions au ministre Sangafowa pour faire payer l’argent ? A-t-il ignoré le rapport fait par le secrétariat général de la Présidence ? Bref, toujours est-il qu’il ne se passera rien du tout.
Cicar Amyot expulsé de l’immeuble
Début janvier 2014, Bonaventure Togba et ses employés ont été expulsés de l’immeuble qui servait de siège à Cicar Amyot, pour environ 25 millions de loyers impayés. Le jour de l’expulsion, tous les biens (matériels, meubles, etc.), de l’entreprise, ont été saisis par le bailleur.
Depuis, tous les employés sont au chômage, dans le désarroi le plus total. Depuis fin 2012, en raison des difficultés économiques de Cicar Amyot, ils ne percevaient plus de salaires. Ils se sont retrouvés donc au chômage sans la moindre ressource pour vivre ou survivre.
Pour Bonaventure Togba et ses employés, ce sont plus de vingt ans de sacrifices et de dur labeur qui ont été ainsi réduits à néant. Par une simple humeur de Mamadou Sangafowa. Il n’est pas beau, ce pays ?
En désespoir de cause et devant cette grave injustice, Bonaventure Togba a, le 14 mars 2014, opéré encore une saisie attribution de créance sur le compte séquestre logé à la BNI et sur lequel les prélèvements opérés pour le compte de l’Areca pour Intercajou étaient censés se trouver, après les campagnes 2009, 2010 et 2011.
Sauf que, en se rendant à la BNI pour effectuer cette saisie, l’huissier de justice s’entendra dire par la banque que le compte séquestre N°00132410047 a été « clôturé le 25 février 2014 ».
A la demande de Mamadou Sangafowa ? Serait-ce pour effacer toutes traces de ce qui a été fait des milliards qui devraient être sur ce compte ?
Mais avant de se rendre à la banque, l’huissier était d’abord passé dans les locaux de l’Areca. Là, il a découvert que l’Areca n’existe plus, en tout cas sous cette appellation. C’est que depuis l’ordonnance préparée par Sangafowa et signée par le chef de l’Etat, l’Areca est devenu le « Conseil du Coton et de l’Anacarde ». A l’huissier, le responsable juridique de cette nouvelle structure déclarera simplement : « Nous n’avons aucune déclaration à faire, le Conseil du Coton et de l’Anacarde n’est pas concerné par l’acte ».
Si le chef de l’Etat, qui est l’une des personnes qui ont le plus souffert d’injustice dans ce pays, ne met pas fin à une telle injustice…
ASSALE TIEMOKO

19/04/2014
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Une du 22/04/2014
L'Edito
Avec la classe politique sans vision qui est celle de ce pays depuis la mort du premier président, les ivoiriens ont encore de beaux jours de souffrances devant eux.

Voilà pratiquement 21ans que cette classe politique infernale et totalement irresponsable a pris en otage tout un peuple sur le dos duquel elle goinfre sans tempérance et qu’elle maintient par une stratégie dont les fondements  échappent à tout esprit rationnel, dans les tréfonds  de la misère noire, affreuse. Quelle solution propose-t-elle pour lutter  contre le chômage endémique et notamment celui des jeunes ? Aucune !
Quelle solution propose-t-elle contre la corruption qui gangrène une administration publique désorganisée et inefficace ? Aucune !
Quelle solution propose-t-elle pour lutter contre la misère qui touche plus de la moitié de la population ? Aucune !

Depuis 21ans, c’est, chaque année, la même chose ! Les problèmes des ivoiriens sont relégués au sixième plan, pendant que les politiciens, regroupées au sein de gouvernement dits d’union nationale ou de réconciliation, s’engraissent sur la bête ! En remettant à demain la prise en compte des problèmes d’un peuple essoufflé et complètement désabusé.
Après huit année de crise militaro-politique, ils ont invités les ivoiriens à qui personne n’avait donné la parole pendant dix ans, à se rendre dans les urnes pour élire un nouveau président. Sous le prétexte que cette élection était la solution pour sortir de la crise pour que, enfin, leurs préoccupations soient prises en compte.
Sauf que pour récompenser le peuple de sa mobilisation, ils lui ont servi du plomb, du feu, des bombes et des armes.

Depuis un nouveau pouvoir s’est installé mais les vrai problèmes des ivoiriens sont toujours au sol des priorités. La gratuité des soins, projets parfaitement mal conçu et mal exécuté mais cependant annoncé en grandes pompes, à coûter cher aux malades dans les hôpitaux publics. On ne compte plus les victimes de cette politique…
Mais alors que les ivoiriens continuent  de mourir pour les ordonnances médicales de moins de 2000FCFA, la classe politique depuis, quelques années et sans doute à cause des échéances électorales qui s’annoncent a commencer à retrouver ses sensations.

Dans la presse déchainée
De Touré Mamadou (Rdr), dans (« Soir Info »,28/03/)
Blé Goudé n’a pas répondu aux questions essentielles du juge, mais c’est un personnage controversé. On est encore dans du théâtre. » Dommage que Touré Mamadou n’ait pas été à la place du juge !
Le show Blé Goudé à la Une de (« Soir Info »,28/03/)
« J’ai été séquestré. J’ai fait 10 mois dans un violon. » Et après il a reçu le caleçon blanc ?
Le show Blé Goudé à la Une de (« Soir Info »,28/03/)
« J’ai été séquestré. J’ai fait 10 mois dans un violon. » Et après il a reçu le caleçon blanc ?
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